MKAF

Dans son sermon du 14 juillet 2023, Sa Sainteté le Calife a évoqué les évènements survenus à la fin de la bataille de Badr.

Sermon du vendredi 14 juillet 2023, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Moubarak, à Islamabad, Tilford au Royaume-Uni. Après le Tashahoud, le Ta’awudh et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

J’évoquais la biographie et les événements de la vie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) dans le contexte de la bataille de Badr. La bataille s’est terminée et Allah a fait connaître aux mécréants leur funeste destin. Comme mentionné plus tôt, soixante-dix mécréants ont été tués dont un nombre important de chefs. Voici les récits sur l’enterrement de ces chefs des Qouraychites.

Dans un récit du Sahîh d’Al-Boukhâri, ‘Abdoullah Ibn Mas’oud déclare que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) priait tout près de la Ka’bah. Il décrivait ici des événements passés. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) était en train de prier tout près de la Ka’bah quand, suite à l’incitation des Qouraychites, le plus infâme d’entre eux est venu et a placé les entrailles d’un animal entre les épaules de l’Envoyé d’Allah (s.a.w) quand il était en prosternation. L’Envoyé d’Allah (s.a.w) est demeuré dans cet état et les autres en ont ri. Quelqu’un en a informé Fâtimah (r.a.) : elle n’était alors qu’une petite fille. Elle est venue en courant. Le Prophète (s.a.w.) n’a pas levé la tête de la prosternation jusqu’à ce que Fatima ne vienne enlever ces organes lourds de son dos. Fâtimah les a vilipendés. Quand l’Envoyé d’Allah (s.a.w) a terminé sa Salât, il a prié : « Ô Allah ! Détruis les Qouraychites ! Ô Allah ! Détruis les Qouraychites ! Ô Allah ! Détruis les Qouraychites ! »

Ensuite il a cité les noms : « Ô Allah ! Détruis ‘Amr Ibn Hichâm, ‘Outbah Ibn Rabi’ah, Chaybah Ibn Rabi’ah, Al-Walîd Ibn ‘Outbah, Oumayyah Ibn Khalaf, ‘Ouqbah Ibn Abi Mou’ayt et ‘Oumârah Ibn Al-Walîd. »

‘Abdoullah relate : « Par Allah ! Je les ai tous vus gisant morts durant la bataille de Badr. » C’est-à-dire les noms de ceux qu’avait évoqués le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

« Leurs cadavres ont été jetés dans une fosse. » Ensuite l’Envoyé d’Allah (s.a.w) a déclaré : « Ceux dans la fosse sont maudits. »

Selon les livres de Sîrah, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a ordonné que les cadavres des mécréants soient transportés du lieu où ils ont été tués. Avant la bataille, il avait montré les endroits où ils seraient exécutés.

‘Oumar (r.a.) relate : « Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) nous avait montré les lieux où les polythéistes connaîtraient la mort sur le champ de Badr. En nous les montrant, il disait : « Demain, Incha Allah, tombera ici ‘Outbah Ibn Rabi’ah. Ici mourra Chaybah Ibn Rabi’ah. Ici mourra Oumayyah Ibn Khalaf. Ici mourra Abou Jahl Ibn Hichâm. Ici mourra untel. »

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) plaçait sa main bénie au sol et indiquait ces lieux. Ensuite le lendemain les cadavres de ceux qu’il a évoqués se trouvaient exactement là où il avait placé sa main. »

‘Aïchah (r.a.) relate : « Après la bataille, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a déclaré : « Jetez dans la fosse les cadavres de tous les mécréants. » Tous y ont été jetés, hormis celui d’Oummayah Ibn Khalaf car son cadavre avait gonflé dans son armure. Quand on a voulu le soulever sa chair se séparait de son corps. C’est pour cette raison qu’il a été couvert de terre et de pierres à l’endroit même où il était tombé. »

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a donné l’ordre de jeter les cadavres des polythéistes dans la fosse. Quand on a soulevé celui d’Outbah Ibn Rabi’ah et qu’on l’a jeté dans la fosse, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a vu du mécontentement sur le visage de son fils, Abou Houdhayfah, qui était musulman. En effet son père était un mécréant. Il a déclaré : « Ô Abou Houdhayfah ! Peut-être que tu t’attristes du sort de ton père ? » Il a répondu : « Non ô Envoyé d’Allah ! Je n’ai pas de doute concernant mon père ou quant à la raison de sa mort. Or mon père était quelqu’un d’avisé : il était bienveillant et honorable. Je souhaitais que ses qualités le mènent vers l’islam. Quand j’ai constaté le sort qu’il a connu je me suis souvenu de son incroyance quoique j’espérais qu’il embrasserait l’islam. C’est ce point qui m’a attristé. »

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a prié pour Abou Houdhayfah et l’a rassuré.

Abou Talha Al-Ansâri rapporte que l’Envoyé d’Allah (s.a.w) a donné l’ordre que vingt-quatre hommes parmi les chefs qouraychites soient jetés dans l’un des puits de Badr quand la bataille avait pris fin. Quand il remportait la victoire, il passait trois nuits sur le lieu de la bataille. Le Prophète (s.a.w.) est resté à Badr et le troisième jour, il a donné l’ordre qu’on pose la selle sur sa chamelle. Ceci a été fait. Ensuite l’Envoyé d’Allah (s.a.w) s’est mis en route et ses compagnons l’ont accompagné également et ils ont dit : « Nous pensons qu’il est parti dans un but précis. » Le Prophète (s.a.w.) s’est arrêté au parapet de du puits où les mécréants ont été enterrés. Il a appelé ces morts par leur nom et le nom de leurs pères : « Ô untel fils d’un tel, ô untel fils d’un tel ! Aurais-tu été heureux d’avoir obéi à Allah et à Son messager ? La promesse de notre Seigneur s’est accomplie en notre faveur. Avez-vous aussi acquis ce que votre Seigneur vous a promis ? » Abou Talha disait que Oumar a demandé : « Ô Messager d’Allah ! Pourquoi parlez-vous à ces cadavres ? Il y a des morts. » Le Messager d’Allah (s.a.w.) a dit : « Par Celui qui détient la vie de Muhammad (s.a.w.) ! Vous n’entendez pas plus qu’eux mes propos. »

Selon le biographe Ibn Hisham, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) aurait dit : « Ô gens du puits ! Vous étiez de très mauvais parents de votre Prophète. Vous m’avez renié et d’autres m’ont accepté. Vous m’avez chassé de chez moi et d’autres m’ont accueilli. Vous m’avez combattu et d’autres m’ont aidé. » Puis il a déclaré :

هل وجدتم ما وعدکم ربکم حقا

« La promesse que vous a faite votre Seigneur s’est-elle accomplie ? »

Hazrat Mirza Bashir Ahmad Sahib a commenté sur cet incident en ces termes dans son ouvrage Sîrat Khâtam-un-Nabiyyîn :

« Avant de revenir, le Saint Prophète (s.a.w.) se rendit à la fosse où les chefs des Qouraychites avaient été enterrés, et il cita les noms de chacun d’eux et déclara :

هل وجدتم ما وعدکم الله حقا فاِنِی وجدت ما وعدنِی الله حقا

« La promesse que vous a faite Allah s’est-elle accomplie ? Celle qu’Il m’a faite s’est réalisée. »

Ensuite, il a ajouté :

اهل القلِیبِ بِئس عشِیرةِ النبِیِ کنتم لِنبِیِکم کذبتمونِی وصدقنِی الناس واخرجتمونِی وآوانِی الناس وقاتلتمونِی ونصرنِی الناس

« Ô gens de la fosse ! Vous vous êtes avérés être des parents des plus misérables à l’égard de votre Prophète. Vous m’avez rejeté, tandis que d’autres ont témoigné de ma sincérité. Vous m’avez exilé de ma patrie, tandis que d’autres m’ont accordé asile. Vous m’avez fait la guerre, tandis que d’autres m’ont soutenu. »

‘Oumar (r.a.) a déclaré : « Ô Messager d’Allah ! Ils sont morts. Ils ne peuvent vous entendre. » L’Envoyé d’Allah (s.a.w) a déclaré : « Ils m’entendent mieux que vous. » En d’autres termes, ils ont atteint le monde où la vérité est devenue manifeste et où il ne reste plus aucun voile.

Ces paroles de l’Envoyé d’Allah (s.a.w) ci-dessus étaient empreintes de douleur et de tristesse. On peut juger de l’état d’esprit de l’Envoyé d’Allah (s.a.w) en ces instants. Il semble que la persécution passée des Qouraychites défilait devant les yeux du Saint Prophète (s.a.w.) et dans un monde de réminiscence, il en tournait chaque page à la fois, et son cœur était agité par l’étude de ces pages. Ces paroles du Saint Prophète (s.a.w.) sont également une preuve catégorique que la responsabilité du déclenchement de cette série de batailles reposait entièrement sur les mécréants de La Mecque. Comme il ressort de ces paroles du Saint Prophète (s.a.w.) :

وقاتلتمونِی ونصرنِی الناس

« Ô mon peuple ! Vous m’avez fait la guerre, tandis que d’autres m’ont soutenu. »

Du moins, ces paroles démontrent définitivement que, selon le Saint Prophète (s.a.w.) les mécréants avaient lancé ces batailles et qu’il était contraint de prendre l’épée pour sa propre défense. »

On trouve également mention des miracles accomplis par le Saint Prophète (s.a.w.) lors de cette bataille. L’un de ces événements est mentionné dans une biographie. Ibn Ishâq relate que « Oukâcha Ibn Mihsan a combattu avec son épée le jour de Badr jusqu’à ce qu’elle se brise. Il s’est présenté au Saint Prophète (s.a.w.) et celui-ci lui a donné un morceau de bois et a dit : « Ô Oukâcha ! Combats les mécréants avec ceci. » Oukâcha l’a pris dans sa main et l’a agité. Et ce morceau de bois est devenu une épée assez longue dans sa main dont la lame était très dure et la couleur blanche. Il s’est battu avec cette épée jusqu’à ce qu’Allah accorde la victoire aux musulmans. Le narrateur rapporte que cette épée était appelée Awn.

Il s’est battu vaillamment avec cette épée lors des autres batailles jusqu’à ce qu’il tombe en martyr dans la bataille contre Mousaylimah le menteur.

On trouve également mention de l’effet miraculeux de la salive bénie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et de sa main sainte. Abou Qatâdah rapporte qu’il a reçu un coup à l’œil le jour de la bataille de Badr et que son œil est sorti de son orbite et pendait sur son visage. Il avait l’intention de s’en débarrasser. Les Compagnons ont interrogé le Saint Prophète (s.a.w.) à ce sujet et il (s.a.w.) a dit : « Non ! Ne faites pas cela. » Il (s.a.w.) a appelé Qatâdah et a pris l’œil dans sa paume, puis le remit à sa place. Qatâdah déclare qu’il ne se souvenait même pas que l’un de ses yeux avait été blessé. Son œil avait repris sa place et a été guéri ; et il ne sentait même pas que cet œil était celui qui était sorti. Voire cet œil était plus beau que l’autre. Selon certains livres, cet incident de guérison des yeux s’est déroulé lors de la bataille d’Ouhoud. Certains disent que cet incident a eu lieu lors de la bataille de la Tranchée. Mais en tout cas, c’était un miracle, qui est également décrit dans le contexte de la bataille de Badr.

Comment la nouvelle de la défaite des mécréants est-elle parvenue à La Mecque ? Les polythéistes ont fui le champ de Badr de manière désorganisée et se sont tournés en direction de la Mecque dans la panique. En raison de la honte, ils ne savaient pas comment entrer à La Mecque. La première personne qui y est parvenue avec la nouvelle de la défaite de Qouraychites était Al-Haysamân Ibn Iyâs Ibn ‘Abdillah. Plus tard, il s’est converti à l’islam.

Les gens lui ont demandé quelles sont les nouvelles au front. Il a dit : « ‘Outbah Ibn Rabi’ah, Chayba Ibn Rabi’ah, Aboul Hakam Ibn Hichâm, c’est-à-dire Abou Jahl, Oumayyah Ibn Khalaf et quelques autres chefs ont été tués. » Quand il a commencé à compter les chefs de Qouraychites parmi les morts, le peuple ne l’a pas cru. Safwan Ibn Oumayyah, qui était assis dans le Hatim (l’enceinte semi-circulaire opposée à la face nord-ouest de la Ka’bah) a entendu cela et a dit qu’il ne comprend pas, peut-être que cet individu est fou. « En guise de test, demandez-lui où se trouve Safwan Ibn Oumayyah. » Il a demandé de poser cette question à son sujet. Les gens ont demandé à Al-Haysamân ce qui était arrivé à Safwan Ibn Oumayyah. Il a dit : « Regardez là-bas ! Il est assis dans le Hatim. Je ne suis pas fou, je vois tout. J’ai vu son père et son frère se faire tuer de mes propres yeux. » C’est là qu’ils ont compris que cet individu avait apporté des nouvelles vraies. C’est ainsi que les habitants de La Mecque ont appris la nouvelle de la défaite sur le champ de Badr. Cela les a tant troublés qu’ils ont interdit de pleurer les morts afin que les musulmans n’aient pas la chance de se réjouir de leur chagrin. Certains des Qouraychites de La Mecque se sont lamentés de la mort de leurs proches et les autres leur ont dit : « Ne faites pas cela, car cette nouvelle atteindra Muhammad et ses compagnons, et ils seront heureux de votre sort. N’envoyez personne pour libérer les prisonniers tant que vous n’avez pas réfléchi à ce propos. Ne vous lamentez pas et ne faites aucun effort pour libérer vos captifs, de peur que Muhammad (s.a.w.) et ses compagnons n’imposent des conditions sévères quant aux rançons. »

Comment les habitants de Médine ont-ils reçu la bonne nouvelle de la victoire et comment ont-ils réagi ? Selon les récits, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a envoyé ‘Abdoullah Ibn Rawâhah dans la partie haute de Médine et Zayd Ibn Hârithah vers la partie basse pour annoncer la bonne nouvelle qu’Allah a offerte à Son Messager. Ousamah Ibn Zayd relate : « Cette nouvelle nous est parvenue lorsque nous avons nivelé le sol sur la tombe de Rouqayyah, la fille du Messager (s.a.w.), l’épouse d’Outhmân Ibn Affân. Elle était morte à Médine. Le Saint Prophète (s.a.w.) m’avait laissé avec ‘Outhmân pour nous occuper de Rouqayyah. Je suis venu voir mon père Zayd Ibn Hârithah quand les gens l’entouraient. Il disait qu’Outbah Ibn Rabi’ah, Chaybah Ibn Rabi’ah, Abou Jahl Ibn Hichâm, Zam’ah Ibn Al-Aswad, Abou’l-Bakhtari, Al-Âs Ibn Hichâm, Oumayyah Ibn Khalaf ainsi que Noubay et Al-Mounabbih, les deux fils d’Al-Hajjâj, ont été tués. Or à Médine les hypocrites et les Juifs répandaient la rumeur que les musulmans avaient été vaincus à plates coutures et que l’Envoyé d’Allah (s.a.w) avait également été tué – qu’Allah nous en préserve. Zayd est entré à Médine sur le chameau du Prophète (s.a.w.) quand ces rumeurs faisaient rage : alors, les Juifs et les hypocrites y ont ajouté de plus belle, en disant que Mohammad (s.a.w.) avait été tué et Zayd venait sur son chameau. Quand Zayd a informé les Médinois qu’Outbah, Chaybah, Abou Jahl et Oumayyah ont été tués, les hypocrites ont demandé comment cela était possible. Il semblerait, ont-ils dit, que Zayd ait perdu la raison à cause de la défaite des musulmans et de la mort de Muhammad ; et c’est pourquoi il tenait de tels propos.

La réaction des mécréants de La Mecque était similaire à celle des hypocrites et des Juifs à Médine. Ousamah Ibn Zayd déclare : « J’entendais tous ces propos à Médine ; c’est pourquoi j’ai pris mon père Zayd à part et lui ai demandé : « Père ! Est-ce que ce que vous dites est la vérité ? » Il a répondu : « Fils ! C’est bien ce qui s’est passé et je dis la vérité. » Dès que les habitants de Médine ont reçu cette information, ils se sont rassemblés pour rendre hommage à la caravane victorieuse du Prophète. Les musulmans étaient heureux de ce triomphe. Ils attendaient avec impatience le retour du Saint Prophète. Tous les musulmans n’avaient pas participé à cette bataille car personne ne pensait livrer bataille en quittant Médine. Apprenant l’arrivée du Prophète (s.a.w.), certains musulmans sont sortis de Médine pour l’accueillir. Ils ont rencontré le Saint Prophète (s.a.w.) à Rawha. Leur bonheur était palpable. Ils ont commencé à le féliciter pour sa victoire sur les infidèles. Ensuite, le Messager d’Allah (s.a.w.) est venu à Médine et tous les musulmans l’ont accueilli.

Voici les détails sur le butin recueilli lors de cette bataille. Les musulmans ont obtenu cent cinquante chameaux et dix chevaux suite à cette victoire. En sus de cela, ils ont collecté toutes sortes de marchandises, des armes, des vêtements, du cuir teint de différentes couleurs et de la laine, etc., que les polythéistes avaient apporté pour le commerce. Le Saint Prophète (s.a.w.) a gardé sa part égale à la part [reçue par chacun] des Compagnons. Suite à cette bataille, les Compagnons ont offert une épée au Saint Prophète (s.a.w.). Celui-ci a également eu un des chameaux qui appartenait Abou Jahl, qui avait un anneau d’argent au nez. A cette épée et ce chameau, il a été donné une importance particulière dans les biographies. L’épée mentionnée ci-dessus était appelée Dhou’l-Fiqâr : son propriétaire était un polythéiste du nom d’Al-‘Âs Ibn Al-Mounabbih Ibn Al-Hajjâj qui a été tué à Badr. Selon certains récits, cette épée appartenait à Abou Jahl. L’Envoyé d’Allah (s.a.w) a gardé le nom de Dhou’l-Fiqâr. La raison est que cette épée était dentelée ou portait des lignes gravées. On dit que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ne s’est pas séparé de cette épée. Le Saint Prophète l’a gardée avec lui lors de ses batailles. Après le Saint Prophète, cette épée est restée en la possession des califes abbassides.

De même, le chameau d’Abou Jahl que le Prophète (s.a.w.) a reçu comme butin lors de la bataille de Badr est demeuré avec lui (s.a.w.) jusqu’à ce qu’il l’offrit en sacrifice à l’occasion du traité de Houdaybiyyah.

Il existe une histoire à son sujet : le chameau broutait à Houdaybiyyah puis il s’est enfui jusqu’à ce qu’il atteigne la maison d’Abou Jahl à La Mecque. ‘Amr Ibn Ghanamah Al-Ansâri l’a poursuivi, mais certains individus irascibles de La Mecque ont refusé de le renvoyer. Souhayl Ibn ‘Amr, qui était le représentant de Qouraychites au moment du traité Houdaybiyyah, a ordonné à ces gens de rendre le chameau et ils l’ont alors rendu. Il a dit aux Mecquois : « Vous devez offrir cent chameaux en échange. Si les musulmans acceptent cela vous pouvez garder ce chameau. Sinon vous allez devoir le rendre. » L’Envoyé d’Allah (s.a.w) a déclaré : « Si nous ne l’avions pas compté parmi les animaux sacrificiels, nous l’aurions rendu. Mais il a déjà été choisi pour le sacrifice, donc on ne peut le rendre. » Il a été égorgé au nom des musulmans.

Lors de la distribution du butin, l’Envoyé d’Allah (s.a.w) a offert une part aux héritiers des martyrs de la bataille de Badr, et de même aux adjoints nommés à Médine ou à certains Compagnons qui avait diverses responsabilités et qui n’avaient pas pu participer à la bataille de Badr.

Il existe des récits sur le rançonnement des prisonniers de Badr et l’opinion des compagnons à ce propos. Ces prisonniers de la Bataille de Badr ont été libérés moyennant une rançon. Le montant de la rançon variait entre quatre mille et mille dirhams. Certains qui ne pouvaient débourser cette rançon devaient, pour obtenir leur liberté, enseigner la lecture et l’écriture aux enfants [musulmans]. Tout de même, certains prisonniers ont été libérés avec peu ou pas de rançon.

Hazrat Mousleh Mau’oud (r.a.) a également trouvé la bonne solution concernant certains récits sur le rançonnement. Il existe différents types de récits et certains d’entre eux créent d’étranges ambiguïtés. Quoi qu’il en soit, laissez-moi d’abord tout expliquer.

Les récits sur la rançon des prisonniers de la bataille de Badr se sont mélangés dans les ouvrages d’histoire et les biographies, même dans les livres de Hadith. Le fait est que la décision du Saint Prophète (s.a.w.) d’accepter une rançon était conforme à l’intention divine. J’ai déjà expliqué ce sujet en évoquant le Calife ‘Oumar : il est nécessaire de l’expliquer ici de nouveau.

Ibn ‘Abbas relate que lorsque les musulmans ont fait des prisonniers lors de la bataille de Badr, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a demandé à Abou Bakr et à ‘Oumar : « Quelle est votre opinion à propos de ces prisonniers ? » Abou Bakr (r.a.) a répondu : « Ô Prophète d’Allah, ce sont nos cousins et parents. Je pense que si vous leur prenez une rançon, ce sera une source de force pour nous contre ces mécréants et il se peut qu’Allah les guide vers l’islam. »

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a demandé : « Ô Ibn Al-Khattâb ! Quelle est ton opinion à ce sujet ? » ‘Oumar (r.a.) de répondre : « Non, ô Messager d’Allah. Par Allah ! J’ai une opinion différente de celle d’Abou Bakr ! Selon moi, vous devriez nous les remettre et nous leur trancherons la gorge. Confiez ‘Aqîl à ‘Ali pour qu’il le tue et confiez à moi untel qui est [mon] parent et je le tuerai, car ils sont tous des infidèles et font partie des chefs des Qouraychites. » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a préféré l’opinion d’Abou Bakr. ‘Oumar déclare : « L’Envoyé d’Allah (s.a.w) n’a pas accordé priorité à mes paroles. Quand je suis retourné le lendemain, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et Abou Bakr étaient assis et pleuraient. J’ai demandé : « Ô Messager d’Allah, dites-moi ce qui vous fait pleurer, vous et votre compagnon ? Si je dois pleurer, je pleurerai aussi, sinon je ferai du moins semblant de pleurer. » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a répondu : « Je pleure, ayant vu la punition réservée à ces compagnons qui m’ont suggéré de prendre une rançon. On m’a montré que ce châtiment est plus proche que cet arbre. » (c’est-à-dire en référence à un arbre qui était près de lui).

Et Allah a révélé ce verset :

مَا كَانَ لِنَبِيٍّ أَنْ يَكُونَ لَهُ أَسْرَى حَتَّى يُثْخِنَ فِي الْأَرْضِ

« Il ne sied pas à un Prophète qu’il ait des captifs avant qu’il n’ait pris part à une bataille régulière dans le pays. » (8 : 68)

Deux versets plus loin, il est dit :

فَكُلُوا مِمَّا غَنِمْتُمْ حَلَالًا طَيِّبًا

« Mangez donc ce qui est licite et bon de ce que vous avez gagné comme butin. » (8 : 70)

C’est-à-dire qu’Allah leur a rendu licite le butin. Ce récit est tiré du recueil de Mouslim. Les propos du début de ce hadith, notamment que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et Abou Bakr pleuraient, et les versets coraniques cités, rendent ambigu tout le récit. Cela dit, la majorité des compilateurs des recueils d’histoire et des biographies ont relaté ce hadith, le considérant authentique.

Il semblerait qu’Allah fût fort mécontent de la décision de prendre une rançon des prisonniers de la bataille de Badr et appréciait l’opinion d’Oumar. Les biographes d’Oumar y consignent un chapitre séparé dans lequel ils mentionnent des injonctions coraniques révélées sur l’opinion d’Oumar. Ils citent cette opinion d’Oumar eu égard aux prisonniers de la bataille de Badr et le fait qu’Allah l’avait préférée. Mais ce récit est vague. Comme je l’ai dit, il n’est pas clair, et il semblerait que les biographes et les commentateurs l’aient mal compris. En tout cas, Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) s’est appesanti dessus dans une de ses notes de commentaire non publiées. Il réfute ces récits et son explication semble correcte.

Ce hadith a tout l’air d’avoir été fabriqué afin d’élever le statut d’Oumar (r.a.) ; sinon, [l’incident était vrai mais] on n’en avait pas compris le sens. En expliquant le verset 68 de la sourate Al-Anfâl, Hazrat Mouslih Maw’oud (r.a.) déclare : « La coutume suivante était en vogue en Arabie avant l’islam. Il est dommage que celle-ci le soit toujours dans certaines parties du monde. On capture des prisonniers pour les réduire à l’esclavage même s’il n’y a pas de guerre ou de combat. (C’était le cas à l’époque où il écrivait cette note) Ce verset abroge cette pratique affreuse et affirme explicitement que les soldats ennemis ne peuvent être faits prisonniers qu’après une guerre ou une bataille régulière : il n’est pas permis de prendre des prisonniers sans combat. Ce verset a été mal interprété. On relate que lorsque les musulmans ont capturé certains des prisonniers de La Mecque lors de la bataille de Badr, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a consulté ses compagnons sur le traitement qu’ils méritaient. ‘Oumar (r.a.) était d’avis qu’ils devraient être exécutés et Abou Bakr (r.a.), quant à lui, disait qu’ils devraient être libérés contre le paiement d’une rançon. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a apprécié l’opinion d’Abou Bakr. »

Selon le verset 68 de la sourate Al-Anfâl, il n’est permis à aucun prophète de prendre des prisonniers sans livrer une bataille régulière.

En tout cas, le Mouslih Maw’oud (r.a.) explique que l’avis d’Abou Bakr (r.a.) était différent de celui d’Oumar (r.a.) et que le Prophète (s.a.w.), ayant apprécié celui d’Abou Bakr, a libéré les prisonniers contre une rançon. Mais après la révélation de ce verset, certains exégètes allèguent que Dieu n’avait pas apprécié l’action du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). (Ils ont fabriqué ce récit tout simplement pour élever le statut du Calife ‘Oumar, même au prix d’amoindrir le statut du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).) [Selon eux,] les prisonniers auraient dû être tués et non rançonnés. Ceci est tiré d’un commentaire d’Al-Tabari. Le Mouslih Maw’oud (r.a.) explique que cette interprétation est erronée. De prime abord, Dieu n’avait pas émis d’ordre interdisant la libération de prisonniers contre rançon. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ne pouvait pas être blâmé pour avoir choisi la rançon. Deuxièmement, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait auparavant accepté la rançon de deux hommes à Nakhla et les avait libérés : Allah n’a pas réprouvé cet acte. Troisièmement, deux versets plus loin, Dieu a rendu la consommation des butins licite et pure pour les musulmans. Personne n’aurait pu imaginer que Dieu a réprouvé le fait qu’il accepte ces rançons. Ainsi, Il a rendu légitime et pur l’argent qu’il a gagné. Ladite interprétation est donc fausse. L’interprétation correcte est que ce verset énonce une règle générale selon laquelle les prisonniers ne peuvent être capturés que s’il y a une bataille régulière et que l’ennemi est vaincu suite à de violents assauts. (Cela n’a aucun lien avec l’opinion d’Oumar qui suggérait de ne pas accepter de rançon.) Le ‘Allâmah Al-Râzi, parmi les exégètes, et Le ‘Allâmah Chibli Al-Nou’mani, le biographe renommé, sont parmi les commentateurs du Coran qui partagent la position énoncée par le Mouslih Maw’oud (r.a.).

Hazrat Mirza Bashir Ahmad Saheb explique : « Lorsque le Saint Prophète est rentré à Médine, il a demandé conseil sur le sort des prisonniers. La pratique générale, en Arabie, était d’exécuter les captifs ou d’en faire des esclaves permanents. Cependant, le Saint Prophète était opposé à ces mesures dures. De plus, aucune injonction divine à cet égard n’avait été révélée non plus. Abou Bakr (r.a.) a déclaré : « À mon avis, ils devraient être libérés contre rançon, car après tout, ce sont nos frères et nos parents. Qui sait si demain des fidèles de l’islam naîtront de parmi eux ? » Cependant, ‘Oumar (r.a.) s’est opposé à ce point de vue et a déclaré : « Il ne doit pas y avoir de considération de parenté en matière de religion. Ces personnes méritent d’être exécutées en raison de leurs actions. Mon avis est que tous devraient être exécutés. En fait, les musulmans devraient exécuter leurs proches respectifs de leurs propres mains. »

En raison de sa nature miséricordieuse, le Saint Prophète a approuvé la proposition faite d’Abou Bakr (r.a.). Il a donc émis un ordre contre l’exécution des prisonniers et a donné l’ordre de libérer les idolâtres qui paieront leurs rançons. Par la suite, une injonction divine a été révélée à cet effet. »

Dès lors qu’un commandement divin a été révélé sur le paiement des rançons, tout comme l’a expliqué le deuxième Calife, cela paraîtra étrange d’utiliser ce hadith comme base pour justifier les pleurs du Saint Prophète et d’Abou Bakr.

Hazrat Mirza Bashir Ahmad Saheb explique : « À cet effet, une rançon de 1 000 à 4 000 dirhams a été fixée pour chaque individu en fonction de ses moyens. De cette manière, tous les prisonniers ont été libérés. »

Incha Allah, je présenterai le reste après.

Après vendredi, je dirigerai les prières funéraires de deux personnes en l’absence de leurs dépouilles. Le premier décédé se nomme Rana Abdul Hamid Khan Kathgari qui était un missionnaire et le Naib Nazim Mal du Waqf-e-Jadid au Pakistan. Il est décédé récemment à l’âge de soixante-dix ans. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. Par la grâce d’Allah, il était un Moussi. Son père se nommait Chaudhry Abdul Latif Khan Kathgari et sa mère était Mme Umm Latif. Son père était également Wâqif-e-Zindagi et un travailleur de la Jama’at. La famille d’Abdul Hamid Khan Kathgari a connu l’Ahmadiyya grâce à Chaudhry Abdul Manan Khan Kathgari, son grand-père, et Chaudhry Abdul Salam Khan Kathgari, le frère aîné de son grand-père. Ces derniers ont eu le privilège de prêter allégeance au Messie Promis (a.s.) en décembre 1903.

Abdul Hamid Khan Kathgari a commencé ses services en tant que missionnaire en mai 1979 et il a eu l’opportunité de servir en différents lieux, tant au Pakistan qu’à l’étranger. Il a vécu en Ouganda d’août 1985 à décembre 1986 sous le Wakalat-e-Tabshir. Ensuite, il eu l’opportunité de servir comme missionnaire dans différents endroits sous la Nizamat Irshad Waqf-e-Jadid. En 1993, il a été nommé Naib Nazim Mal du Waqf-e-Jadid : il a servi à ce poste jusqu’à son décès. Il a pu servir la communauté pendant quarante-quatre ans. Allah lui a accordé un fils et une fille. Son fils est le Dr Abdul Rauf Khan, Sadr Majlis Khuddam-ul-Ahmadiyya du Danemark. Il relate : « Notre père a toujours été fidèle à son Waqf. Il était en Ouganda et il est retourné précocement car les rebelles avaient renversé le gouvernement et expulsé les étrangers. Cependant, au cours de son affectation en Ouganda, M. Mahmood Bhatti, le missionnaire en charge avait envoyé notre père avec [des copies du] Saint Coran à Kampala dans le but d’y prêcher. Entre-temps, une guerre civile a éclaté dans la région. Les gens ont été forcés de migrer. Au cours de cette migration, notre père est tombé malade et l’hôpital n’était pas proche ; aucune aide n’était disponible. Les gens ont donc laissé notre père dans une chambre. Les rebelles ont capturé cette zone. Les rebelles ont fouillé partout pour voir s’il y avait quelqu’un. Un rebelle est également venu dans sa chambre où Hamid Sahib était présent mais il était allongé et ils l’ont laissé en le croyant mort. Mon père disait qu’il était allongé sous la fenêtre et que les balles traversaient la fenêtre et frappaient le mur en face. Après cela, on a contacté quelques connaissances quand la situation s’est améliorée. Notre père a été déplacé vers un endroit sûr et ainsi Allah l’a protégé.

Le défunt nourrissait une grande dévotion, de l’amour et de l’affection pour le Califat. C’était quelqu’un de simple et sympathique. Il répondait à toute injonction que le Calife émettait dans ses sermons. Il n’en présentait aucune interprétation et le défunt était très en colère contre ceux qui interprétaient les propos du Calife.

Il avait un grand respect pour les titulaires de postes et les missionnaires. Son fils ajoute : « Il me conseillait d’en faire de même. Quand j’étais dans l’organisation Atfal ul Ahmadiyya, il m’a conseillé ceci : « Si tu es en désaccord quelque responsable de l’Atfal, démissionne de ton poste. Le système de la Jama’at et le Califat sont liés. » Ce n’est pas que vous obéissiez à l’un et que vous n’obéissiez pas à l’autre.

Son fils ajoute : « Aider autrui et réformer autrui en temps et lieu, étaient parmi ses qualités. S’il corrigeait untel et que l’autre se mettait en colère, il ne s’en souciait pas. Si l’autre se réformait, il l’encourageait et disait que « mon but n’était uniquement de réformer ». En de nombreuses occasions sa vie aurait pu être confortable. Mais il a toujours préféré le Waqf. À la fin de sa vie, je lui ai suggéré de venir vivre au Danemark avec moi. Il s’est fâché et a répondu : « Je ne me suis pas dédié pour une année. J’ai dédié ma vie et tout est lié à mon Waqf. »

Sa fille, Hafiza Hassan, déclare : « Mon père était extrêmement gentil, hospitalier et craignait Dieu. Il était un trésor de prières. Une de ses grandes qualités était sa foi et sa confiance entière en Dieu le Tout-Puissant ; son amour pour le Califat était sa deuxième grande qualité.

Il avait un amour particulier pour le Califat, dépassant celui qu’il nourrissait à l’égard de toute relation. À tout moment, sa pensée et le début et la fin de ses propos étaient d’exhorter à l’amour pour le Califat. Il venait de temps à autre au Royaume-Uni. Quand parfois j’étais submergée par mes émotions et que j’en parlais, il disait que toutes les relations dans le monde sont éphémères. Il faudra maintenir une relation solide uniquement avec Dieu. Tous les parents nous abandonnent ; Dieu est la seule la personne qui demeure et qui n’abandonne jamais. Ensuite, il me conseillait de maintenir une bonne relation avec le Califat. C’était une personne très simple qui disait toujours : « Je suis un Wâqif-e-Zindagi. Toute ma vie est dédiée » et il exprimait son désir de respecter son Waqf jusqu’à la fin.

Hafiz Khalid Iftikhar, Nazim Mal du Waqf-e-Jadid, déclare : « J’ai eu l’occasion de travailler avec M. Abdul Hamid Khan pendant près de vingt ans et qu’il s’est toujours comporté comme un véritable Wâqif-e-Zindagi. Il était plus âgé et expérimenté que moi, mais en raison de son obéissance au Califat et de son respect du système de la Jama’at, il n’a jamais laissé transparaître son ancienneté. » Il était en effet son adjoint.

« Il travaillait de manière désintéressée avec moi. Il avait une très bonne façon d’expliquer [l’importance des sacrifices] et de motiver pour les contributions. Il expliquait aux nouveaux travailleurs, aux missionnaires et aux Mou’allimîn comment travailler avec sagesse. Il s’est acquitté de ses tâches avec une obéissance totale. Il était quelqu’un de très avisé. Bien qu’il fût silencieux et désintéressé, le département du Waqf-e-Jadid a tiré grand profit de ses trente ans de service. Ces dernières années, sa santé s’est détériorée ; et ses enfants étaient à l’étranger. Si quelqu’un lui disait de se rendre chez un de ses enfants, tout ému, il répondait : « J’ai dédié ma vie et je servirai jusqu’à mon dernier souffle. » Allah lui a donné la possibilité de tenir cette promesse jusqu’à la fin des temps.

Mubasher Ahmed, missionnaire de la Nizamat Mal relate : « En 2013, j’ai été nommé au département des finances du Waqf-e-Jadid. Abdul Hamid Khan a donné deux conseils fondamentaux en disant que je devais les noter. La première est que la source de toutes les bénédictions est le Califat et qu’il faudra faire preuve de fidélité envers le Califat en toute condition. La seconde est qu’on peut pardonner quelque paresse dans le travail, mais qu’il n’y a aucune excuse pour les fausses déclarations et les mensonges. Il ne faut jamais faire de fausses déclarations ou mentir. Il a dit : respectez ces deux principes en premier. Par ailleurs, notre foi et notre conviction nous dictent de demander l’aide d’Allah et de prier. En tout cas, il déclare : « Je suis resté avec lui lors des tournées. Il disait qu’en conseillant un individu, il faut le sensibiliser quant à l’importance et la nécessité du Waqf-e-Jadid afin que l’autre n’hésite pas à consentir à des sacrifices. « Ne vous contentez pas de demander de l’argent : vous devez implanter en son cœur l’importance des contributions. Il faut engendrer en son cœur de la passion pour la Jama’at et lui demander de contribuer selon ses moyens. Et d’ailleurs il n’y a aucune raison de ressentir de la honte. Notre tâche est de servir la communauté et de demander de l’aide pour la communauté. » Il était très vigilant quant aux finances de la Jama’at et disait que ces sommes sont récoltées des membres de la Jama’at et que nous ne devons pas faire d’extravagance dans les dépenses. Il ne faut prendre que le strict nécessaire et ne pas dépenser plus que nécessaire. Il disait : « J’ai dit à mon fils que tu es mon fils tant que tu es fidèle à la Jama’at, sinon je n’ai aucune relation avec toi et ne te demande rien. »

Qu’Allah lui accorde Son pardon et Sa miséricorde et qu’Il élève son rang ; et que ses enfants puissent également perpétuer ses bonnes œuvres.

La prochaine défunte dont je dirigerai les prières funéraires se nomme Nusrat Jahan Begum, épouse d’Ahmed Mubashir, qui est missionnaire aux États-Unis. Elle est également décédée ces derniers jours. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. La défunte a émigré au États-Unis en 1972 avec son mari Mubashir Ahmed et ses trois enfants. Ils se sont installés à Washington. En 1988, son mari a dédié sa vie au États-Unis. La défunte a vécu avec simplicité et gratitude toute sa vie. Son mari, M. Mubashir, s’est dédié et a servi comme missionnaire. La défunte a vécu avec lui dans une grande simplicité et en faisant preuve de gratitude. Par la grâce d’Allah la défunte était Moussiah. Elle contribuait généreusement dans tous les fonds de la Jama’at et avait un grand amour pour le Califat. De 1977 à 2007, elle a servi en différentes capacités au sein de la Lajna Ima’illah : elle a servi en tant que vice-présidente locale, présidente locale et régionale, etc. Elle a entrepris de grands efforts avec un énorme dévouement pour répandre le message de l’islam et l’Ahmadiyya. Elle a également organisé divers programmes pour l’éducation et la formation des membres de la Lajna et des Nasiraat. Elle a également beaucoup œuvré pour l’éducation de ses enfants sur le plan religieux. De même manière, elle a porté une attention particulière à leur éducation séculière. Outre son époux, elle laisse derrière elle deux fils et deux filles. Ses quatre enfants sont des membres actifs de la Jama’at par la grâce d’Allah et ont également l’opportunité de servir la religion. Qu’Allah accorde Sa miséricorde et Son pardon à la défunte et que ses enfants puissent mériter ses prières et perpétuer ses bonnes actions.