Au Nom d'Allah, le Gracieux le Miséricordieux


Jeunes Musulmans qui croient au Messie Promis, Mirza Ghulam Ahmadas

Sermon du vendredi 03 Mai 2019, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Baitul-Futuh à Londres. Après le Ta'awudh, le Tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, Sa Sainteté le Calife a déclaré :

Le premier des compagnons de Badr que j’évoquerai aujourd’hui se nomme ‘Oubayd Bin Abi ‘Oubayd al-Ansari al-Awsi. Selon Ibn Hicham, il appartenait à la famille Banou Oummaya de la tribu des Aws. ‘Oubayd avait accompagné le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lors de la bataille de Badr, celle d’Ouhoud et aussi la bataille du fossé. Il n’existe pas plus de détails à son sujet.

Le prochain compagnon se nomme ‘Abdoullah Bin Nou’man Bin Baldama. Son grand-père paternel se nommait Baldama ou Balzama. ‘Abdoullah Bin Nou’man appartenait à la famille Banou Khounas de la tribu des Khazraj. ‘Abdoullah Bin Nou’man était le cousin paternel d’Abou Qatadah.

‘Abdoullah Bin Nou’man avait participé aux batailles de Badr et d’Ouhoud.

Ensuite le prochain compagnon se nomme ‘Abdoullah Bin ‘Oumayr. Il appartenait à la tribu des Banou Joudarah. Il avait participé à la bataille de Badr. Selon un récit, son père ne se nommait pas ‘Oumayr, mais ‘Oubayd. Selon d’autres, son grand-père se nommerait Adi ou Haritha selon d’autres.

Selon Ibn Hicham, il appartenait à la tribu Banou Jaddara, ou Banou Haritha selon Ibn Ishaq. Tout deux sont des chroniqueurs historiques.

Le prochain compagnon se nomme Amr Bin Harith. Il appartenait à la tribu Banou Harith. Selon certains, il se nommerait ‘Amr ou ‘Amir selon d’autres. Abou Nafi’ était son nom d’emprunt. ‘Amr avait embrassé l’islam au tout début à La Mecque. Il avait aussi participé à la deuxième immigration en Abyssinie ainsi qu’à la bataille de Badr.

Le prochain compagnon se nomme ‘Abdoullah Bin Ka’b ; il appartenait à la tribu des Banou Ma’zan. Son père se nomme Ka’b Bin ‘Amr et sa mère Roubab Bint ‘Abdillah. Il était le frère d’Abou Layla Ma’zani. Un de ses fils se nommait Harith, né de Zoubayba Bint Aws.

‘Abdoullah Bin Ka’b avait participé à la bataille de Badr. Le jour de la bataille de Badr le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) l’avait choisi pour surveiller les butins de guerre. En d’autres occasions, il était aussi responsable de la part des biens qui revenait au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

‘Abdoullah Bin Ka’b avait participé à la bataille de Badr, celles d’Ouhoud et du fossé et à toutes les [autres] batailles menées par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). ‘Abdoullah Bin Ka’b est décédé à Médine en l’an 33 de l’hégire au cours du Califat d’Outhman : celui-ci avait dirigé sa prière funéraire. Abou Harith ou Abou Yahya étaient aussi ses noms d’emprunts.

Le prochain compagnon se nomme ‘Abdoullah Bin Qays. Il appartenait à la tribu des Banou Najjar. Son grand-père, selon le recueil d’histoire, se nommerait Khalid ou Khallada selon la Tabaqat al-Kubra.

Le fils d’Abdoullah Bin Qays se nommait Abdour Rahman et sa fille se nommait ‘Oumayra. Leur mère se nommait Souwad Bint Qays. Il avait une autre fille nommée Oumm ‘Awn.

‘Abdoullah Bin Qays avait participé à la bataille de Badr et d’Ouhoud. Selon ‘Abdoullah Bin ‘Oumara al-Ansari, ‘Abdoullah Bin Qays serait tombé en martyr lors de la bataille d’Ouhoud. Selon d’autres, il était toujours vivant après Ouhoud et il avait accompagné le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) dans toutes ses batailles et il serait décédé au cours du califat d’Outhman.

Il existe des divergences dans les recueils d’histoire, c’est pour cette raison que j’en fais mention.

 Le prochain compagnon se nomme Salama Bin Aslam : il appartenait à la tribu de Haritha Bin Harith. Son père se nommait Aslam. Selon un récit, son grand-père se nommait Hariche ou Harith selon un autre. Abou Sa’d était le nom d’emprunt de Salama Bin Aslam. Sa mère se nommait Sou’ad Bint Rafi’. Salama Bin Aslam avait participé aux batailles de Badr, d’Ouhoud, du fossé et [en fait] à toutes les batailles menées par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Au cours de la bataille de Badr, Salama Bin Aslam avait emprisonné Sa’ib Bin ‘Oubayd et Nou’man Bin ‘Amr. Salama Bin Aslam est tombé en martyr lors de la bataille de Jisr à l’époque du calife Oumar. Cette bataille a eu lieu sur les rives de l’Euphrate. J’ai mentionné quelques détails sur cette bataille dans un précédent sermon. C’était une bataille importante entre les musulmans et les Persans. Jisr signifie pont : en effet un pont a été bâti sur le fleuve et les musulmans l’avaient traversé pour aller vers l’autre côté. Les Persans avaient utilisé des éléphants de combat lors de cette bataille. En tout cas, les deux belligérants avaient subi des pertes importantes : en particulier les musulmans.

Salama Bin Aslam avait alors environ 38 ans, selon les récits divergents.

Dans son fameux Sirat Halbiyyah, Allama Nour ad-Din al-Halbi relate ceci à propos des miracles accomplis par le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lors de la bataille de Badr. L’épée de Salama Bin Aslam s’était brisée durant le combat et le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui a offert un bâton tiré d’un dattier et lui a dit de se battre avec. Quand Salama Bin Aslam l’a pris entre ses mains, le bâton s’est transformé en une épée redoutable ; et il en disposait toujours par la suite.

Selon le Sharh Zurqani et Dala’il al-Nubuwwah, l’épée de Salama Bin Aslam s’est brisée le jour de la bataille de Badr et il était resté les mains vides, sans armes. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui a donné un bâton et lui a conseillé de se battre avec. Le bâton s’est transformé en une épée redoutable que Salama Bin Aslam avait toujours en sa possession jusqu’au jour de la bataille de Jisr.

Selon Ibn Sa’ad, lors de la bataille du fossé le drapeau des émigrants était entre les mains de Zayd Bin Haritha et celui des Ansar avec Sa’d Bin ‘Oubadah. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait placé Salama Bin Aslam à la tête de deux cents personnes.

Il était le chef d’un des détachements de l’armée. Zayd bin Haritha était, quant à lui, à la tête de trois cents personnes. Ils avaient pour mission d’assurer la sécurité de Médine et [, au besoin,] de réciter à voix haute le Takbir. La raison était que le lieu sous la protection des Banou Quraydah, où se trouvaient les enfants, pouvait subir un assaut.

Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avait fait l’objet d’un complot d’assassinat. Hazrat Mirza Bashir Saheb relate :

« L’humiliation cuisante causée par la défaite lors de la bataille d’Ahzab consumait les Qouraychites de La Mecque. Tout naturellement, Abou Soufyan, le chef de La Mecque, brûlait le plus de ce feu, lui qui souffrait le plus de l’humiliation causée par cette campagne. Ce feu le dévorait de l’intérieur, mais il ne put se maîtriser pour longtemps ; et en fin de compte les étincelles latentes surgirent et se manifestèrent. Tout naturellement, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) était la cible de l’inimitié des mécréants. Abou Soufyan s’était résolu à user de complots et de subterfuges pour faire assassiner le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) étant donné que les méthodes ouvertes et les batailles n’avaient pas été efficaces. Il savait que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ne jouissait pas d’une protection rapprochée, voire parfois il partait çà et là dans les rues de la ville sans aucun garde. Il venait, tout au moins, cinq fois par jour dans sa mosquée pour les prières et lors de ses voyages il ne faisait aucune formalité et il était aisément accessible. Cela aurait été là une aubaine pour un tueur à gage. L’idée de faire assassiner le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) s’ancra davantage dans l’esprit d’Abou Soufyan.

Lorsqu’il s’y résolut, l’occasion s’étant présenté, il en fit mention un jour à quelques jeunes Qouraychites : « Personne n’est-il assez brave parmi vous pour se rendre à Médine afin d’assassiner secrètement Mohammad (s.a.w.) ? Vous savez très bien qu’il parcourt les rues de Médine librement », leur dit-il. Cette phrase pénétra les cœurs de ces jeunes dès qu’ils l’entendirent. L’idée se répandit et après quelques jours un jeune bédouin, l'ayant entendu d’un autre, se rendit auprès d’Abou Soufyan pour l’informer qu’il était prêt à exécuter son plan et déclara : « Je suis brave et courageux. Ma poigne est ferme, mon attaque soudaine. Je suis prêt à assassiner Mohammad (s.a.w.) si vous me choisissez pour cette tâche et si vous m’accordez votre soutien. Je dispose d’un poignard qui sera caché comme le sont les plumes secrètes d’un faucon de chasse. J’attaquerai Mohammad (s.a.w.) et je m’enfuirai pour me joindre à une caravane. Les musulmans ne pourront pas m’attraper. D’ailleurs je maîtrise très bien les routes de Médine. »

Tout ravi, Abou Soufyan déclara : « Très bien ! Tu es l’homme de la mission. » Il offrit ensuite au jeune une chamelle rapide et des provisions ou les dépenses pour son voyage. Se séparant de lui, il conseilla vivement au jeune de ne dévoiler son secret à personne.

En quittant La Mecque, se cachant durant la journée, il voyagea de nuit dans la direction de Médine qu’il atteignit le sixième jour. S’étant renseigné sur le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), il se rendit directement dans la mosquée de la tribu des Banou ‘Abdil Ach’al où il se trouvait. Étant donné que durant ces jours, nombre de visiteurs venaient à Médine, les musulmans n’eurent aucun doute à propos de l’assassin et de ses intentions. Or, dès qu’il entra dans la mosquée et qu’il s’avança vers le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), celui-ci déclara qu’il n’avait pas de bonnes intentions. Quand l’assassin entendit les paroles du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), il s’avança rapidement dans sa direction. Or, Ousayd Bin Hadir, un chef Ansari, lui bondit dessus et dans la lutte le poignard qu’il tenait le blessa et il s’exclama tout effrayé : « Mon sang ! Mon sang ! » C’est-à-dire que l’autre l’avait blessé. Quand il fut maîtrisé, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lui demanda : « Dis la vérité ! Qui es-tu et quelles sont tes intentions ? » Le jeune répondit : « Promettez de ne pas me tuer et je vous dirai la vérité… » Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) de répondre : « Si tu dis toute la vérité je te pardonnerai. » Sur ce, il raconta toute l’histoire au Prophète, en ajoutant qu’Abou Soufyan lui avait promis quelque récompense. Il passa quelques jours à Médine et se convertit à l’islam, ayant écouté le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

La tentative d’assassinat ourdie par Abou Soufyan démontra qu’il fallait être encore plus vigilant quant aux intentions des Mecquois. Afin de découvrir leurs complots, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) envoya à La Mecque deux de ses compagnons : ‘Amr Bin Oumayya al-Zamri et Salama Bin Aslam, celui qui est ici mentionné. Étant donné le complot d’assassinat ourdi par Abou Soufyan et ses projets sanguinaires du passé, ils avaient aussi la permission d’assassiner cet ennemi juré de l’islam si jamais l’occasion se présentait.

Or les Mecquois devinrent suspicieux lorsqu’Oummaya et son compagnon arrivèrent à La Mecque : tous deux rebroussèrent donc chemin vers Médine afin de rester en vie. En cours de route, ils tombèrent sur deux espions des Qouraychites envoyés par leurs chefs pour se renseigner sur les va-et-vient des musulmans et celui du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Il était fort probable qu’il s’agissait d’un autre complot sanguinaire des Qouraychites pour assassiner le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) comme dans le premier cas. Mais par la grâce d’Allah, Oumayya et Salama Bin Aslam découvrirent leurs activités d’espionnage. Ils attaquèrent les espions pour tenter de les emprisonner mais lors du combat un des espions fut tué tandis que le deuxième fut fait prisonnier puis emmené à Médine.

L’opinion des historiens diverge sur la date de cette expédition. Ibn Hicham et Tabari présentent l’année 4 de l’hégire, mais Ibn Sa’d présente l’an six de l’hégire quant à lui. Allama al-Asqalani et al-Zurqani préfèrent la date présentée par Ibn Sa’d. Ayant analysé ces divers récits, Hazrat Mirza Bashir Ahmad a aussi présenté la date de l’an 6 de l’hégire. En tout cas, Allah sait le mieux. Al-Baihaqi est aussi d’accord avec la teneur du récit d’Ibn Sa’ad, mais il n’a pas mentionné la date de cet événement.

L’on trouve aussi mention de Salama Bin Aslam dans le cadre du traité de Houdaybiyya. Oumm ‘Ammara relate : « J’ai vu le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) assis le jour du pacte de Houdaybiyya. ‘Abad Bin Bichr et Salamah Bin Aslam étaient debout à ses côtés, portant des casques de fer. Quand Souhayl Bin Amr, l’émissaire des Qouraychites, éleva la voix, tout deux lui demandèrent de la baisser devant le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). C’était là un service qu’il avait rendu en cette occasion.

‘Ouqbah Bin ‘Outhman est un autre compagnon. Sa mère se nommait Oumm Jamil Bint Qutbah. Il appartenait à la tribu des Banou Zourayq des Ansar. ‘Ouqbah et son frère, Sa’d Bin ‘Outhman, avaient tous deux participé dans les batailles de Badr, du fossé et d’Ouhoud. Selon divers recueils d’histoire, ces deux frères faisaient partie de ceux qui avaient abandonné le champ de bataille à Ouhoud lors d’une violente contrattaque. Ils se réfugièrent sur la montagne de Jilah située en face d’A’waz et ils y restèrent durant trois jours. A’waz est un lieu situé à quelques kilomètres de Médine. Ils retournèrent pour en informer le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Ce dernier dit : « Vous étiez partis là où il y avait de l’aisance. » En tout cas, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ferma les yeux [sur leur conduite] et leur accorda son pardon ; et il ne les réprimanda pas.

Le prochain compagnon se nomme ‘Abdoullah Bin Sahl. Il appartenait à la tribu des Banou Za’ourah, qui était l’allié des Banou ‘Abdil Ach’al. On dit aussi qu’il était un Ghassanide. Selon certains, ‘Abdoullah Bin Sahl se nommerait aussi Zayd ou Rafi’. Sa mère se nommait Thabah Bint Tayyihan et elle était la sœur d’Abou Al-Yatham Bin Tayyihan. ‘Abdoullah Bin Sahl était le frère de Rafi’ Bin Sahl et il avait participé à la bataille de Badr. Son frère Rafi’ l’avait accompagné lors des batailles d’Ouhoud et du fossé. ‘Abdoullah Bin Sahl est tombé en martyr lors de la bataille du fossé : une flèche d’un membre des Banou ‘Ouwaif l’avait touché. Moughirah Bin Hakim relate ceci : « J’ai demandé à ‘Abdoullah Bin Sahl s’il avait participé à la bataille de Badr. » Il a répondu : « Oui, j’y étais présent ainsi qu’à la bai’ah d’Aqabah. »

‘Abdoullah Bin Sahl avait participé à la Ghazwah de Hamrâ al-Asad, un lieu situé à 12 kilomètres environ de Médine. Souboul al Houda, une biographie du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.), en fait mention. On y relate qu’Abdoullah Bin Sahl et son frère Rafi’ Bin Sahl appartenaient tous les deux à la tribu des Banou Al Ach’al. Ils furent sérieusement blessés lors de la bataille d’Ouhoud. ‘Abdoullah était le plus blessé des deux. Lorsque les deux frères entendirent l’ordre aux musulmans de se rendre à Hamrâ al-Asad pour se joindre [à l’armée], l’un des frères dit à l’autre : « Par Allah ! Si nous n’accompagnons pas le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) lors de cette expédition, ce sera là une grande perte. »

Ils étaient certes blessés, mais ils étaient animés de leur foi.

Il ajouta : « Mais nous n’avons pas de montures et nous ne savons pas comment accomplir cette mission. » ‘Abdoullah lui dit : « Nous allons nous y rendre à pied. » Rafi’ répondit : « Par Allah ! Je ne suis même pas capable de marcher en raison de mes blessures. » Son frère lui dit : « Nous allons nous rendre lentement à la rencontre du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). »

Ils avancèrent clopin-clopant et quand Rafi’ se sentait faible ‘Abdoullah Bin Sahl le portait sur son dos. Ils étaient à ce point blessés ; mais celui qui allait mieux portait celui qui était le plus blessé : ils ont quand même avancé vers le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). La faiblesse les empêchait parfois d’avancer tant et si bien qu’ils arrivèrent auprès du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) à l’heure de la prière d’Icha. Les compagnons avaient allumé des feux et installé le camp pour la nuit. Tout deux se présentèrent au Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). ‘Abad Bin Bichr était celui qui assurait la sécurité du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) cette nuit-là. L’Envoyé d’Allah demanda aux deux frères : « Qu’est-ce qui vous avait retenus ? » Ayant entendu la raison, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) pria pour eux et déclara : « Si vous vivez longtemps vous aurez des chevaux, des mules ou des chameaux comme montures. Vous êtes venus ici clopin-clopant mais si vous vivez longtemps vous disposerez de tout type de montures ; néanmoins, ces voyages [que vous accomplirez dessus] ne seront pas meilleurs que celui que vous avez accompli à pied, clopin-clopant. »

C’est-à-dire que les récompenses et les bénédictions qui en découleront seront innombrables.

Hazrat Mirza Bashir Ahmad Saheb explique ici-bas l’arrière-plan de l’expédition Hamrâ al-Asad pour laquelle ces compagnons avaient suivi le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).

La nuit d’après la bataille d’Ouhoud fut une nuit de grande peur à Médine car, bien que l’armée des Qouraych était apparemment retournée à La Mecque après leur semblant de victoire, on craignait que cette manœuvre ne soit un subterfuge pour prendre les musulmans au dépourvu et revenir soudainement pour attaquer Médine. Ainsi, cette nuit-là, un arrangement fut fait pour assurer la sécurité à Médine et les Compagnons montèrent la garde toute la nuit à la résidence du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.). Le lendemain matin, on découvrit que cette appréhension n’était pas qu’une simple spéculation, car avant la Salat de Fajr, le Saint Prophète (s.a.w.) a appris que l’armée des Qouraych avait campé à quelques kilomètres de Médine et qu’un débat houleux se déroulait entre les chefs de La Mecque : pourquoi ne pas profiter de cette victoire pour attaquer Médine, en était le thème. Certains des Qouraych se moquaient en disant : « Vous n’avez pas tué Muhammad (s.a.w.), ni pris les femmes musulmanes comme esclaves, ni saisi leur richesse et leurs biens ; au lieu de cela, lorsque vous avez eu le dessus sur eux et que vous avez eu l’opportunité de les détruire complètement, vous les avez laissés et vous avez fait demi-tour, afin qu’ils puissent reprendre des forces. Il est encore temps : retournons et attaquons Médine et déracinons les musulmans une fois pour toutes. »

Contrairement à cela, les autres ont soutenu :

« Vous avez eu la victoire. Considérez ceci comme une chance suffisante et retournez à La Mecque, de peur de perdre notre réputation également, et que cette victoire ne se transforme en défaite. Maintenant, si vous revenez et attaquez Médine, les musulmans se battront de toutes leurs forces, et ceux qui n’auront pas participé à Ouhoud sortiront également sur le champ de bataille.

En fin de compte, cependant, l’opinion des passionnés l’emporta et les Qouraych se préparèrent à retourner à Médine. Quand le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) fut informé de ces événements, il annonça immédiatement que les musulmans devaient se préparer, mais en même temps il ordonna qu’à l’exception des combattants qui avaient participé à Ouhoud, personne d’autre ne devait partir avec eux. Ainsi, les guerriers d’Ouhoud, dont la plupart étaient blessés – j’en ai mentionné deux – pansèrent leurs blessures et foncèrent à la compagnie de leur Maître. Il est écrit qu’à cette occasion, les musulmans partirent avec autant de joie et de zèle qu’une armée triomphante qui part à la poursuite de l’ennemi. Après avoir parcouru une distance de 12 kilomètres, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) atteignit Hamrâ al-Asad, où les cadavres de deux musulmans furent retrouvés dans la plaine. Après enquête, on découvrit qu’il s’agissait des deux espions que le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) avaient envoyés sur les traces des Qouraych. Dès qu’ils avaient trouvé une occasion, les Qouraych les avaient exécutés. Le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ordonna qu’une seule tombe soit creusée, et les deux y furent enterrés. C’était le soir, le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ordonna que le camp soit installé à cet endroit. Il avait en outre ordonné que des feux soient allumés à différents endroits dans la plaine. En un rien de temps, 500 feux furent allumés dans la plaine de Hamrâ al-Asad, ce qui a fait trembler le cœur de tout spectateur de loin. Très probablement, à cette occasion, un chef idolâtre de la tribu Khouzā’ah, nommé Ma’bad, se présenta devant le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et offrit ses condoléances pour ceux qui étaient tombés à Ouhoud, puis il continua son chemin. Le lendemain, lorsqu’il atteignit Rawha, situé à environ 63 kilomètres de Médine, il trouva l’armée des Qouraych qui y campait : les préparatifs étaient en cours pour retourner vers Médine. Ma’bad partit voir Abou Soufyan et lui dit : « Que souhaitez-vous faire ? Par Dieu, je viens de laisser derrière moi l’armée de Muhammad (s.a.w.) à Hamrâ al-Asad, et jamais auparavant je n’avais vu une armée aussi impressionnante. Ils regrettent tellement la défaite à Ouhoud qu’ils vous réduiront en cendres à vue ! »

Abou Soufyan et ses compères furent tellement impressionnés par les commentaires de Ma’bad qu’ils abandonnèrent l’idée de retourner à Médine et se précipitèrent à La Mecque. Quand le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) apprit que l’armée des Qouraych s’était enfuie de cette manière, il remercia Dieu et dit : « La crainte de Dieu a terrassé le cœur des infidèles. »

Il resta quelques jours à Hamrâ al-Asad et après une absence de cinq jours il retourna à Médine.

Le prochain compagnon se nomme ‘Outbah Bin Rabi’a. L’opinion des historiens diverge sur sa tribu d’origine. Selon Ibn Ishaq, il était l’allié de la tribu des Banou Lawzan et il appartenait à la tribu de Bahra. Selon d’autres, il était l’allié de la tribu des Aws. En tout cas il avait participé aux batailles de Badr et d’Ouhoud.

Selon ‘Allama Ibn Hajjar al-Asqalani, ‘Outbah Bin Rabi’a était un des commandants ayant participé à la bataille de Yarmouk. Voici quelques détails sur cette bataille. En l’an douze de l’hégire, lorsque Abou Bakr retourna à Médine après le Hajj, il envoya une armée musulmane en l’an treize de l’hégire dans le Levant. ‘Amr Bin Al-’As fut envoyé en Palestine ; Yazid Bin Abi Soufyan, ‘Oubayda Bin Al-Jarah et Sharhabil Bin Hasana reçurent l’ordre de se rendre à Taboukiya en passant par Yalqa’a situé au nord du Levant. Abou Bakr avait nommé Khalid Bin Sa’ïd commandant de l’armée avant de le remplacer par Yazid Bin Abi Soufyan. Ils partirent vers le Levant accompagné de sept milles combattants. Les commandants des armées musulmanes se rendirent au Levant. Héraclius se trouvait en personne à Homs et les Byzantins avaient réuni une grande armée. Héraclius avait choisi des commandants différents pour combattre chaque commandant musulman. Les préparatifs de l’ennemi avaient surpris les musulmans : certains, à la foi chancelante, en ont été terrifiés, car les musulmans étaient au nombre de 27 000. Vue cette situation, ‘Amr Bin ‘Aas reçut l’ordre de se joindre aux autres armées ; une fois réunis, en dépit de leur faible nombre, il ne sera pas facile de les vaincre. Si chaque armée combattait séparément sous son commandant, il ne subsistera aucune armée qui pourra venir en aide à l’avant-garde, car chaque troupe musulmane avait en face de grandes armées. Ainsi, on décida de réunir toutes les armées musulmanes à Yarmouk. D’ailleurs le Calife Abou Bakr avait conseillé à tous les musulmans de se réunir et de former une seule armée et d’accroître leur nombre face à l’ennemi ; et Allah leur accorderait son soutien. [Il dit] « Allah viendra en aide à celui qui l’aidera et Il humiliera celui qui Le rejettera. Ainsi, en dépit de votre faible nombre, l’ennemi n’aura pas le dessus sur vous, car vous serez en train de combattre pour la cause de Dieu. Si par contre vous êtes dix mille ou plus tout en étant des pécheurs, vous serez certainement vaincus. »

C’est-à-dire, que les musulmans ne devaient pas se soucier de leur nombre. S’ils sont dix mille ou plus tout en étant coupables de péchés et d’actes blâmables, ils seront certainement vaincus.

« Ainsi vous devez éviter les transgressions et vous unir à Yarmouk pour combattre ensemble. Chaque armée devra accomplir la Salat avec son commandant. »

L’armée musulmane a assiégé l’armée byzantine à partir du mois de Safar de l’an treize de l’hégire jusqu’au mois de Rabi’ al-Thani. Les musulmans n’ont pas remporté de victoire et au cours de cette période le Calife Abou Bakr a envoyé comme renfort Khalid Bin Walid d’Irak, qui y officiait comme gouverneur. Avant l’arrivée de Khalid Bin Walid, chaque commandant combattait séparément avec son armée. Sur place, Khalid conseilla à tous les musulmans d’élire un seul commandant. Tous le choisirent comment leur chef. L’armée byzantine comptait entre 200 à 240 mille soldats. Les musulmans étaient entre 37 et 40 milles, c’est-à-dire environs un cinquième. Quatre-vingt mille soldats byzantins avaient les pieds entravés et quarante mille autres étaient enchaînés afin qu’ils combattent jusqu’à la mort, sans possibilité de prendre la fuite. Ces cent vingt mille soldats devaient se battre jusqu’à la mort. Quarante mille autres s’étaient attachés avec leurs turbans. Il y avait quatre-vingt mille cavaliers et le même nombre de fantassins. D’innombrables prêtres étaient présents pour attiser l’ardeur guerrière des soldats byzantins.

Pendant que durait cette bataille, Abou Bakr décéda au cours du mois de Jamad-il-Akhir des suites de sa maladie qui avait débuté au cours du mois de Jamad-il-Oula. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons.

Lors de la bataille, Khalid avait divisé l’armée en plusieurs détachements : on rapporte qu’ils étaient entre 36 ou 40. Or ils combattaient tous sous un seul commandement. ‘Outbah Bin Rabi’a était le chef d’un des détachements. Khalid déclara : « L’ennemi est très nombreux, mais en raison de notre formation, il pensera que nous sommes apparemment plus nombreux. »

Les faits suivants démontrent l’importance de cette armée musulmane : elle comprenait mille aînés qui avaient vu le visage béni du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) et cent compagnons qui avaient participé à la bataille de Badr en sa compagnie.

La bataille sanguinaire débuta entre les deux belligérants. Un messager vint de Médine : les cavaliers l'arrêtèrent, mais il leur dit que tout allait bien. En fait il était venu avec la nouvelle du décès d’Abou Bakr. On le dirigea vers Khalid à qui il annonça secrètement la nouvelle du décès du Calife et l’informa qu’il n’avait rien dit aux soldats. Khalid prit la lettre et la plaça dans son carquois. Il avait peur que cette nouvelle ne semât la confusion dans les rangs et ne baissât la vigueur des musulmans. En tout cas, ils combattirent fermement jusque dans la soirée tant et si bien que l’armée byzantine prit la fuite. Plus de cent mille Byzantins moururent lors de cette bataille et trois mille musulmans tombèrent en martyr, parmi lesquels se trouvait Ikramah Bin Abi Jahal. L’empereur s’enfuit sur-le-champ de Homs lorsqu’il eut la nouvelle de la défaite. Après la victoire à Yarmouk, l’armée musulmane se répandit dans tout le Levant et remportant des victoires faciles à Qinnasrîn, Antioche, Jouma, Sarmin, Tizin, Kurs, Tel Azar, Zalouk et Raban.

Ici ce termine la mention des compagnons pour aujourd’hui. J’en ferai mention peut-être après le Ramadan étant donné que le mois béni débute la semaine prochaine, Incha Allah.

Je voudrais évoquer à présent Moukarrama Sabiha Begum Sahiba dont je dirigerai la prière funéraire après la prière de Joumou’ah. Elle était la petite-fille maternelle du petit-fils paternel du Messie Promis (a.s.). Elle était la fille de sa fille aînée et celle de Hazrat Mirza Rashid Ahmad Saheb. Elle était l’épouse de Sahibzada Mirza Anwar Saheb, le fils du Mousleh Maw’oud et de Hazrat Oumm Nasir. Elle est décédée le 30 avril dernier à l’âge de 90 ans à la Tahir Heart Institute. C’est à Allah que nous appartenons et c’est à Lui que nous retournerons. La défunte était ma tante maternelle. Hazrat Mirza Rashid Ahmad Saheb était le fils de Hazrat Mirza Sultan Ahmad Sahib. La défunte était la fille d’Amatus Salam Begum Sahiba, la fille aînée de Hazrat Mirza Bashir Ahmad Saheb. Le dernier mariage de la famille du Messie Promis (a.s.) auquel avait participé Hazrat Amma Jaan à Rabwah était celle de la défunte.

La défunte était la grande sœur de Hazrat Sayyida Asifa Begum Sahiba, l’épouse du quatrième Calife. Elle laisse derrière elle une sœur et trois frères.

Anisa Fowzia Sahiba, sa sœur, relate ceci : « La défunte était la fille aînée de la famille. C’est pour cette raison que nos parents accordaient une grande importance à son opinion quand ils devaient prendre de grandes décisions. Elle était très perspicace et nos parents avaient d’ailleurs une grande confiance en elle. Elle était toujours à la hauteur de leurs attentes. Elle s’est par ailleurs très bien occupée de l’éducation de ses frères et sœurs cadets. On m'avait proposé en mariage un des fils de Hazrat Mouslih Maw’oud. Celui-ci a déclaré : « Elle appartient à une bonne famille. Ses deux sœurs sont d’ailleurs mes brus. » C'est-à-dire la défunte ainsi que l’épouse du quatrième Calife. Le Mouslih Maw’oud a déclaré : « Ces deux sœurs sont mes brus. Elles sont emplies d’affection et préservent l’unité de la famille. »

Le fils de la défunte écrit : « Ma mère était simple, bienveillante envers les pauvres et venait en aide à tout le monde, quelle que soit sa situation. Elle aidait les nécessiteux et ressentait une grande sympathie à leur égard. Elle avait les larmes aux yeux quand elle les écoutait et les aidait dans la mesure du possible. » Ce ne sont pas des exagérations. Elle possédait vraiment ces qualités.

« Elle avait un comportement exemplaire à l’égard de ses employés de maison. » L’une de ses filles a écrit qu’elle s’occupait d’eux comme si c’était ses enfants : « Lorsqu’une employée allait se marier, elle lui fit part du fait qu’elle souhaitait avoir la même dot qu’elle avait offerte à sa propre fille. La défunte prépara la même dot pour elle. »

Elle a trois filles et un fils, elle faisait également partie du système d’Al-Wassiyyah. Sa prière funéraire a été faite hier, et elle a été enterrée au Bahishti Maqbara. Qu’Allah l’Exalté permette à ses enfants de suivre l’exemplarité qu’elle a établie en termes de piété, et qu’Il leur permette de vivre ensemble en s’aimant les uns les autres et de toujours rester attachés à la Jama’at et au Califat.

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Promesse d'un Khadim

اَشْھَدُ اَنْ لَّا اِلٰہَ اِلَّا اللّٰہُ
وَحْدَہٗ لَا شَرِیْکَ لَہٗ
 وَاَشْھَدُ اَنَّ مُحَمَّدً ا
  
ٗعَبْدُ ہٗ وَرَسُولُہ

Je jure solennellement que je serai toujours prêt à sacrifier ma vie, mes biens, mon temps et mon honneur pour la cause de ma foi, de mon pays et de ma communauté. De même je serai toujours prêt à offrir n'importe quel sacrifice pour maintenir l'institution du Califat. Et je considère essentiel de me soumettre à toutes décisions et ordres conformes aux préceptes Islamique que me donnerai le Calife regnant.